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vendredi 30 mars 2018

De l'Amitié

A l'instar de Cicéron quand il écrivait son propre blog, Gustave Borjay aurait pu baptiser son article "De Amicitia", mais cela l'aurait forcé à écrire en latin à et faire baisser son lectorat.

Mais qu'est-ce que l'amitié, au-delà de toutes les considérations sur ce qu'il est et ce que je suis ? Au-delà des chansons de Françoise Hardy ?

Au-delà de tout cela, ça peut être une rencontre que même le Maître, Gustave Borjay, ne renie pas et qui le pousse rien moins qu'à reprendre la plume sur son blog après plusieurs années de road-trip à travers les cinq continents : celle de son homologue François Vesc, dont il vous recommande avec une chaleur et une sincérité touchantes la première œuvre :

La Sentence de Dargeville

Bref, si vous aimez les romans à l'ancienne, mêlant vengeance, conspiration, rédemption, des retournements comme on n'en fait plus et un style comme on voudrait en goûter chaque jour, prenez le temps de la réflexion quelques millièmes de secondes et lancez-vous ! En plus - information exclusive obtenue de l'intéressé lui-même - une opération de gratuité promotionnelle sera organisée le dimanche 8 avril dans toutes les bonnes librairies.

Gustave Borjay vous salue.

L'amitié des deux Maîtres croquée sur le vif, lors d'un bref
échappatoire à leurs intenses travaux littéraires.

mercredi 21 août 2013

Accepter la critique…

… pour progresser. Tel est l’un des objectifs de tout écrivain sérieux. A l’heure où Michel Houellebecq s’est vu retirer son prix Goncourt pour cause de dopage, et à l’heure où J. K. Rowling n’a plus les idées claires quant à sa véritable identité, il est temps de se recentrer sur l’essentiel : les avis critiques.

L’idée, c’est d’abord de faire le tri parmi ce que l’on vous dit, de faire abstraction des compliments hypocrites (« On reconnaît bien votre style. » ; « C’est très original. » ; « Il y a un vrai sens de la phrase. ») pour en arriver après le fameux « mais peut-être, en cherchant bien, pourriez-vous améliorer… ». Car c’est là que se trouveront les remarques qui pourront vous faire avancer.

« Utilisez l’humour, donnez un dynamisme supplémentaire à votre héros, supprimez les redondances qui font la moitié de certains de vos chapitres, approfondissez vos personnages », et cætera. Toutes ces critiques font mal à votre ego blessé de poète maudit – mais néanmoins disposé à rencontrer un succès rémunérateur –, cependant leur écoute pourra vous être profitable.

Bien sûr, cela nécessite de revenir sur ces innombrables pages que vous avez écrites, à l'occasion de longues phases de relecture et de réécriture. Encore. Et encore. Et encore. Mais elles vous feront prendre conscience des domaines que vous avez négligés, des fautes de goût, de rythme, de style ou de construction que vous avez faites.

Comme lorsque vous osez vraiment vous regarder dans le miroir, laissez donc votre si sollicité ego de côté, et comme lorsque vous jouez au poker, ne prenez pas en considération ce que vous avez déjà investi afin de ne pas hésiter à revenir en arrière. Bref, acceptez les critiques.

Et, alors que vous vous arrêterez d’écrire en comprenant que ledites critiques éliminent par leur seule profusion toute hypothèse de talent littéraire en vous, vous penserez avec affection à Gustave Borjay et aux autres génies des lettres qui, eux, en dépit de leur talent inouï, s’acharnent encore à progresser sur leurs points « faibles »1.

Toujours plus haut, toujours plus fort,

Gustave Borjay vous salue.
 
A la fin, il ne restera que les meilleurs.

1. Les spécialistes rechignent à l'emploi de ce terme, penchant davantage pour un mot voulant désigner un élément perfectible au regard du degré de perfection d'autres éléments, mot n'ayant malheureusement pas d'existence dans le Littré de 1889.

mardi 28 mai 2013

La Tartine de nutella

C'est l'histoire de la tartine de nutella tombant de votre table. Vous savez qu'elle aura beau tournoyer, à la fin elle s'écrasera dans un petit "spouich" sur le sol, transmettant généreusement une bonne part de son enduit chocolaté aux carreaux que vous aviez astiqués le matin même. Et pourtant, vous la regardez tournoyer dans les airs tout le temps que dure sa chute, sans pouvoir vous empêcher d'espérer : après tout, elle pourrait tomber du côté non tartiné !

Il en est de même avec votre premier envoi de manuscrit. Vous le confiez un beau jour à la poste, qui s'empressera - plus ou moins vite - de le faire parvenir à la maison d'édition dont vous avez noté l'adresse. Vous savez d'avance la réponse que vous recevrez. Pourtant, vous ne pouvez vous empêcher de vous dire qu'il demeure une chance de succès. Rien n'est écrit après tout.

Et puis la tartine tombe du côté du nutella.

Et elle est entre vos mains, la réponse. Rédigée dans le plus pur style anonyme, avec un souci maniaque de ne laisser aucun indice quant à la possibilité que votre manuscrit ait été lu.

Mais Gustave Borjay vous connaît, et sait bien que, parfaitement en phase avec votre pathétique inconséquence, vous continuerez à étaler du nutella sur des tranches de brioche.

Gustave Borjay vous salue.
 
Faites des réserves, vous en aurez besoin.

lundi 29 avril 2013

Combien faut-il payer pour ne pas être édité ?

Tout dépend de combien vous êtes prêt à y mettre.
 
Vous savez que vous ne serez jamais édité, mais en homme consciencieux que vous êtes, vous voulez être sûr de le mériter ? Bref, vous voulez envoyer votre manuscrit à une petite sélection personnelle de maisons d’éditions pour qu’elles puissent vous répondre par autant de refus, non personnalisés de préférence ? Et vous vous demandez combien cela va vous coûter au total ?

Vous vous trouvez au bon endroit. Faites le silence et écouter la voix chaude et sensuelle de Gustave Borjay vous énoncer la réponse en empruntant au fisc sa sage pratique de suppression des décimales.
 
Partons d’un manuscrit (conforme aux règles de l’art) de 250 pages A4.
- impression et reliure spirale d’un manuscrit de 250 pages = 25 € ;
- un timbre pour l’expédition du manuscrit, enveloppe économique = 5 € ;
- un timbre pour le retour du manuscrit, enveloppe économique = 5 €.
Ce qui fait une mise de fond de 25 €, puis un coût de 10€ par envoi à une maison d’édition.
 
Toute votre stratégie résidera après dans le nombre de manuscrits envoyés. Jugez plutôt : à raison de trois mois pour obtenir une réponse, vous pouvez récolter au choix :
- 10 refus avec un manuscrit, en 2 ans et demi, pour un investissement de 125 € ;
10 refus avec deux manuscrits, en 1 an et 3 mois, pour un investissement de 150 € ;
10 refus avec dix manuscrits, en 3 mois, pour un investissement de 350 €.
 
A vous de voir si vous êtes pressé.

Gustave Borjay vous salue.
 
On raconte que la roulette a été créée afin de permettre à ceux
qui n'écrivent pas d'accéder eux aussi à un jeu d'espérance de
gain strictement négative. 

mardi 16 avril 2013

Envoyer son manuscrit à une maison d’édition

Comme vous n’avez pas compris que vous ne serez pas publié, vous voulez faire éditer le roman que vous avez laborieusement écrit sous les encouragements hypocrites et gênés de vos amis. Vous trouverez ci-après tout ce dont vous aurez besoin pour agresser les plus grandes maisons d’édition. Les conseils du Maître, tout simplement.

Le manuscrit
 
La sobriété s’impose. Pour le contenu, Times New Roman, taille 12, interligne 1,5, pages numérotées, sommaire à la fin. Pour la mise en page, impression en recto seulement, avec des marges confortables (notamment une marge gauche vraiment importante). Puis reliure en spirale (et non thermoformée) pour que le manuscrit puisse rester ouvert confortablement sur un bureau.

La lettre d’accompagnement
 
Là encore, sobriété. La lettre ne doit pas dépasser une page et doit parler brièvement de votre roman, de vous-même (faites ce sacrifice) et de vos expériences littéraires, et plus brièvement encore de la maison d’édition à qui vous vous adressez (faites juste croire que vous n’envoyez pas votre manuscrit tout à fait au hasard).

Soyez professionnel, ne mettez rien de subjectif, ne justifiez pas votre démarche, de façon plus générale n’abusez pas du « je ». N’imposez rien à l’éditeur, il a votre manuscrit et il en fera ce qu’il voudra dans les délais qu’il voudra. Soyez humble aussi, tout le monde n’est pas au niveau de Gustave Borjay.

N’oubliez pas d’inclure vos coordonnées. Le cas échéant, joignez une enveloppe affranchie pour qu’on vous retourne votre manuscrit, si par extraordinaire vous y tenez.

Le choix de la maison d’édition
 
Renseignez-vous un minimum sur les maisons d’édition à démarcher. Il faut une certaine compatibilité. Si vous pensez être hors collection, laissez-le entendre dans votre lettre d’accompagnement, ça montrera que vous en êtes conscient mais estimez que ça n’est pas forcément un obstacle.

Et souvenez-vous…
 
Le marché de l’édition publie de plus en plus mais gagne de moins en moins. Les grandes maisons cherchent à faire des économies. Toutes veulent trouver la perle rare mais rien ne garantit qu’elles aient l’ouverture d’esprit nécessaire. Toutes reçoivent des milliers de manuscrits en un an si bien qu’elles ne lisent parfois que quelques pages d’un manuscrit.

Ce qu’elles reçoivent à 75%, ce sont des récits narcissiques centrés sur les expériences personnelles de l’auteur, qui s’apparentent à de l’auto-psychanalyse de bas étage. Elles reçoivent aussi beaucoup de manuscrits qui n’ont pas été relus plus d’une semaine, et dont certains sont un bon condensé des fautes d’orthographes rencontrés par les professeurs de français dans les copies de brevet. Vous pouvez déjà tenter d’éviter ces deux cas de figure.

Et bien sûr, des romans comme celui de Gustave Borjay seront forcément édités avant le vôtre, ce qui crée des bouchons. Soyez patients.

Gustave Borjay vous salue.
 
Dernier détail pour ceux qui n'auraient pas saisi : un
manuscrit
 se doit d'être lisible et écrit à la machine.
Autrement vous risque
riez de hautement déplaire au gentil éditeur.

samedi 13 avril 2013

Comment se faire publier

Gustave Borjay, vieux briscard des milieux de l’édition, vous transmets un peu de son savoir. Il est prêt à vous présenter un aperçu des trois voies principales qui s'offre à tout écrivain amateur cherchant à diffuser son oeuvre au reste de l'humanité.

L’édition traditionnelle

Ce serait probablement dommage de ne pas essayer. Les chances sont très faibles (surtout avec le torchon que vous avez écrit), mais on ne débourse pas un sou, la maison assure elle-même (en théorie) votre publicité, vous serez d’office dans toutes les grandes librairies de France, etc.

Les grosses maisons d’édition comme les petites peuvent s’avérer intéressantes, les grosses pouvant être plus commerciales, moins proches de l’écrivain tandis que les petites peuvent plus facilement échapper à cette loi.

Les médias français surveillent surtout les parutions en édition traditionnelle.

L’alternative de l’édition à compte d’auteur
 
A priori à utiliser dans deux cas : si l’on ne souhaite pas être diffusé à grande échelle, ou si on veut être enregistré à la bibliothèque nationale de France alors qu’on a échoué auprès des maisons d’édition traditionnelle. En effet, cette méthode n’offre pas d’autre publicité que celle que mettra l’auteur en place, et est directement financée par l’auteur lui-même.

Attention cependant, les maisons d’édition à compte d’auteur peuvent parfois ne pas s’avérer très fiables dans ce qu’elles proposent (relecture, correction, contrat). Renseignez-vous bien.

L’édition numérique - le média du futur ?
 
L’édition numérique (terme désignant notamment les liseuses électroniques et plus généralement la parution informatique, sans papier) n’est pas encore rentrée dans les mœurs en France, mais peut-être n’est-ce qu’une question de temps.

De nombreux sites permettent de publier numériquement, sans frais, des livres. On fixe le prix comme on le désire. Si quelqu’un paye pour le lire, l’auteur sera automatiquement crédité de la part qui lui revient. Mais là encore, c’est à l’auteur d’assurer sa propre promotion, et là encore, il faut bien se renseigner sur la ou les plateformes auxquelles vous comptez vous adresser.

Gustave Borjay vous salue.
 
Bien sûr il y a d'autres voies. N'hésitez pas à vous lancer,
qui sait, peut-être en est-il convenant davantage à votre œuvre ?